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Edito

Des sens giratoires qui font perdre la tête aux automobilistes. Une piste cyclable qui jusqu’à il y a peu se terminait en queue de poisson, puis qui a subitement disparu. Des bornes pas plus hautes que quatre boutons, apparues au milieu de la rue pour réglementer un traffic chaotique. Des camions en stationnement qui privent les piétons des maigres trottoirs qui leur sont réservés. Des bus double-deck qui informent les touristes de ce qu’il n’y a plus à voirŠ On se croirait dans une histoire de Calvino.
Embouteillages, alarmes et marteaux piqueurs, la journée. Alcool et boîtes de nuit, le soir. C’est à ce triste sort urbain que sont livrés les poumons, les yeux et les tympans de l’équipe du Nova. Entre une salle de cinéma (rue d’Arenberg) perdue dans le vaste chantier de l"ilôt "KBC" et un bureau (quelques mètres plus bas, rue de l’Ecuyer) situé en vis-à-vis de l"immeuble Vanderborght, vide depuis la fin de Bruxelles 2000 et jouxtant l’un des plus anciens chancres du centre-ville (le paté de la "Mondiale"), le panorama est plutôt sordide. Les touristes s’en étonnentŠ Il est vrai que nous sommes à cent mètres de l’Opéra National de la Monnaie, à quelques pas des fameuses Galeries Royales St Hubert et de la Grand PlaceŠ
D’aucuns ont pu croire que le Nova avait disparu sous les grues et les bétonneuses du chantier voisin, mais heureusement rien de tel n’est arrivé. Après des vacances consacrées à la découverte de petits coins de paradis urbains bruxellois (le "PleinOPENair"), nous rentrons au bercail et nous retrouvons la poussière et les gaz d’échappement de notre fière artère. Les néons se rallument, le volet métallique se relève, les flaps en caoutchouc se remettent à flotter dans le vent. Le quotidien reprend, en quelque sorte.
Ce "quotidien", pourtant, nous essayons de le repenser. Car si le Nova est de plus en plus sollicité et perçu par certains comme une "institution", son existence n’en reste pas moins un rêve fragile. Paradoxe qui nous amène à prendre le temps de la réflexion et à adopter un rythme d’ouverture en conséquenceŠ
Ce qui ne nous empêche pas plancher sur un tas de projets, dont on peut déjà en annoncer quelques-uns. Une retrospective et la venue du cinéaste israélien Avi Mograbi (novembre), une plongée dans le cinéma belge iconoclaste et truculent (décembre), la sortie de "No quarto da Vanda" ("Dans la chambre de Vanda") du portugais Pedro Costa (début 2003), un hommage nocturne au cinéaste culte américain Joe SarnoŠ
Plein de bonnes raisons pour ne pas attendre une prochaine "journée sans voitures" avant d’affronter à nouveau la rue d’ArenbergŠ

P.S.

C’est la rentrée ; les nouvelles petites mains sont les bienvenues, pour aider au bar ou à la caisse ! Mise en garde : pas de $ à vous offrir, car le Nova continue à exister encore et toujours grâce au bénévolat.



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