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FILMS

Connu des amateurs de dessin animé, Bill Plympton est l’auteur de dizaines de courts métrages géniaux (les fameux "Plymptoon’s"). Il s’est essayé plusieurs fois à la réalisation de longs métrages, dont "I Married a Strange Person" ("L’impitoyable lune de miel") était le résultat le plus probant jusqu’à présent. "Alien Mutants", présenté en avant-première pour la Belgique après avoir tout récemment décroché le grand prix au festival d’Annecy, confirme son imagination et sa créativité débordantes.
Des dix années passées à dessiner des caricatures politiques pour la presse écrite, Plympton a gardé le goût de tourner les institutions et le gouvernement américains en dérision. Ici, un astronaute s’envole pour une mission dans l’espace, dirigée par le Dr Frubar. Le lancement est un succès, mais le Dr Frubar a d’autres projets en tête. Faisant croire à un incident, il abandonne l’astronaute dans l’espaceŠ Celui-ci reviendra sur terre vingt ans plus tard pour assouvir sa vengeance, aidé de cinq mutants de l’espace.
Une histoire délirante et surréaliste (pour adultes !), dont l’idée est venue à Plympton à la lecture d’un article sur Laika, le chien cosmonaute russe resté trop longtemps en orbite autour de la terre. Et si d’autres animaux abandonnés dans l’espace se rassemblaient et engendraient une armée de mutants ?!

+ La vache qui voulait sauter par-dessus l’église

Guillaume Casset, 1997, video, vo fr , 7'

17/8 > 22.00
"La vacheŠ" raconte une journée à la ferme, lorsque, le matin, une vache enfourche des ressorts et se dirige vers l’église. Le fermier prend sa commande de jeux vidéo et met en route le programme de la journée : poules et autres ainsi télé-guidés entrent dans le rythme du travail. Jusqu’à ce qu’un virus vienne tout perturberŠ
Ce court-métrage d’animation nous vient d’une boîte montée en 1992 par des cinéastes qui ont décidé de maîtriser toutes les étapes de confection et de diffusion de leurs films. Lardux Films a ainsi produit et diffusé 27 films depuis 1992, qui se remarquent par leur côté ludique et leur indépendance de ton et de style.

17.08 > 22:00


Un des films des débuts (prometteurs) de Kaurismaki. Le récit de la traversée d’une ville sauvage et impitoyable, par une bande de dix-sept audacieux lascars. Issus d’un quartier populaire d’Helsinki, ils décident de braver tous les dangers et d’entamer un voyage jusqu’à Eira, un quartier huppé situé à l’autre bout de la ville. Un peu comme si un groupe de Schaerbeekois se lançait dans un périple à travers Bruxelles pour atteindre Uccle !
"Calamari Union" est donc un road-movieŠ à travers Helsinki. Une histoire "totalement logique" selon Kaurismaki lui-même, mais d’une logique "qui n’est pas de ce monde". "Certains pourraient croire qu’il y a une signification cachée dans ce film. Ce n’est qu’une illusion trompeuse. Tout se passe en surface. Mais revenons à notre histoire : seuls les plus forts vont survivre et nous n’avons aucune raison de les envier. C’est toujours plus facile de mourrir que de vivre. Cela commence à devenir pathétiqueŠ Alors, c’est le moment de s’en aller. "Calamari Union" est une comédie hilarante et le plus mauvais film que j’ai jamais vu, excepté les films que j’ai réalisé moi-même auparavant". (Aki Kaurismaki)

Dimanche
Edmond Bernhard, Belgique, 1962, 20 min.
18/8 > 22.00
A partir d’une commande du département Cinéma de l’Education Nationale lui demandant de traîter "le problème des loisirs" (sic), Edmond Bernhard (cinéaste belge décédé il y a quelques mois et auteur de sept courts métrages) a choisi le parti pris de réaliser un film sur la vacuité, le vide et l’ennui ! Tourné à Bruxelles, "Dimanche" est une oeuvre lyrique et esthétique. Un tour de force étrange et fascinantŠ

18.08 > 22:00


Une mégapole grouillante, humide et noire. Dans ce maelström effervescent de cohue humaine, trafic infernal, euphorie lumineuse et pluie diluvienne, chaque habitant ne rêve qu’à s’évader.
Non, nous ne sommes pas à Bruxelles mais à Los Angeles... en 2019 où le détective privée Deckard est chargé de traquer et éliminer quatre répliquants rebelles. Ces androïdes-esclaves, chargés des pires labeurs sur les planètes colonisées, sont de retour sur Terre à la suite d’une mutinerie. Leur but : se reprogrammer pour augmenter leur durée de vie. Assisté dans sa mission par une répliquante convaincue d’être humaine, Deckard va lentement perdre ses repères dans cette traque où l’évidence se maquille et perturbe : qui est le plus humain des répliquants ou de lui.
Baigné dans cette atmosphère urbaine écrasante, Blade Runner, savant mélange de série noire et de SF, ne périclite à aucun moment dans ce récit d’une quête aux accents existentiels jalonnés de subtils références.

Call me Josse / Appelez-moi Josse / Noem mij Josse
Plus Tôt te laat & Mark Saunders & les habitants de Saint-Josse / inwoners van Sint-Joost
video in progress, 2000, 25’
24/8 > 22.00
La rénovation urbaine, prévue dans les "contrats de quartiers" bruxellois, contient souvent une vision implicite de la vie d’un quartier et de ses espaces publics. A "Josse", des habitants (jeunes et moins jeunes, deux artistes sans statut et un curieux Anglais) prennent la caméra pour filmer ce que d’autres habitants pensent des contrats de quartiers lancés dans la commune. Le résultat est un document critique mais plein d’humour, qui dépasse un questionnement strictement urbanistique et témoigne d’autres préoccupations tels que le travail, les loisirs, le chômage mais aussi la joie de vivre !

24.08 > 22:30


Délaissés dans les années 80 et 90, avant d’être remis au goût du jour il y a peu, les films catastrophes connurent leur apogée dans les années 70. Sur terre, en mer ou en l’air, la recette est immuable : de petits humains confrontés à une grooosse cata.
De cette époque prolifique, Towering Inferno se pose tel un monolithe indétrônable. Imaginez : une distribution prestigieuse (mené par Steve Mac Queen et Paul Newman), un décor gigantesque (la tour !), des effets spéciaux explosifs (il n’y a pas de fumée sans feu)Š le tout consummé en 165 minutes incandescantes.
Le jour de l’inauguration de la Tour de Verre à San Francisco, le gratin du gratin se presse au 138è et dernier étage de l’édifice. De son côté, l’architecte du projet s’aperçoit, sur le tard que le constructeur a préféré l’économie à la sécurité. Résultat : un petit court-circuit au 81è et un embrasement immédiat.

25.08 > 21:30


Religieux pratiquants, petits bourgeois marqués par le colonialisme de leur patrie, profondément frustrés et maniérésŠ Les héros de cette comédie sarcastique au climat claustrophobique sont les habitants de la Smetstraat, seule et unique rue d"une cité-modèle qui n"a jamais été achevée et qui sert de décor et de trame à ce second film d’Alex Van Warmerdam (réalisateur notamment de "La jupe"Š).
Située au milieu de la plate nature hollandaise, cette bourgade surréaliste a été batie à proximité d"une petite forêt qui devient le théâtre d"étranges manèges pour les rares marginaux du village (un enfant, un facteur, une jeune et mystérieuse jeune fille...) qui la fréquentent.
Resté sans doute le meilleur film de Van Warmerdam, "De Noorderlingen" est une fable irrésistiblement comique, et tout à la fois insupportablement effrayante tant elle est éloquente sur la réalité quotidienne de certains de nos contemporains.

+ Ferment

Tim Macmillan, 1999, 35mm, , 4'

Ferment est une animation fictive basée sur le procédé des ’frozen image’. Le trajet démarre dans un square plutôt calme, une petite fille est assise à côté de son grand-père. Le vieil homme a une attaque et tombe. Au moment où ceci se passe, nous voyageons à partir du parc vers la rue, puis à l’intérieur des appartements qui longent la route. En un regard, le spectateur saisit cette matière visuelle et les bribes de sons qui l’accompagnentŠ Sa technique nous transforme en témoins privilégiés, omniscients de l’agitation humaine. Ce court-métrage distribué par Lux a été réalisé pour the Arts Council of England/Channel 4 animate ! et a remporté de nombreux prix.
Artiste, photographe et réalisateur, Tim Macmillan découvre au début des années 80, comment figer le temps à l’écran tout en y conservant le mouvement. Le réalisateur a travaillé avec de nombreux artistes (Deep Forest, Real World Studios de Peter GabrielŠ).

31.08 > 22:00


Godfrey Reggio, 1983, 35mm, sans dial, , 86'

Une fois réussie la prononciation du titre du film, très certainement vous vous demanderez ce que celui-ci peut bien vouloir dire. Ko.yaa.nis.qatsi (tiré de la langue des indiens Hopi) signifie : 1)vie folle ; 2)vie tumultueuse ; 3) vie se désagrégeant ; 4) vie déséquilibirée ; 5) existence exigeant un autre mode de vie. Psalmodié en choeur au début et à la fin du film, c’est un peu comme si ce mot se trouvait à avoir la valeur d’une prophétie que les Indiens Hopi auraient prévu il y a très longtemps : la prophétie d’une planète colonisée et exploitée par l’homme au rythme infernal de la modernité. Le film pourrait alors être vu comme une sorte de version imagée de celle-ci. Sans commentaires, au rythme d’un montage visuel où les images ne manquent pas d’être époustouflantes et sont en osmose avec un univers musical signé Philip Glass, "Koyaanisqatsi" nous transporte dans un étonnant voyage au travers du paysage américain, du calme mystérieux et intemporel du Grand Canyon et du désert Californien à la frénésie de New York, de Los Angeles, de Las Vegas...

Today We Are Going to Build a House
Sergeï Loznica et Marat Magambetova, Russie/Rusland, 35mm, 30’, 1996
1/9 > 22.00
Dans la terre humide, la grisaille et le vent, Loznica nous distille le quotidien de certains ouvriers russes.
Dans leur travail routinier et archaïque, Loznica décèle une poésie inattendue en glanant, çà et là, les événements d’une journée sur ce chantier. Le temps semble figé, le travail avance à petits pas. Pourtant, le lendemain, la bâtisse se dresse fièrement.

01.09 > 22:30


Djibril Diop-Mambety, 1973, 35mm, vo st fr, 85'

Premier long-métrage de Diop-Mambety, "Touki Bouki" nous conte l’histoire d’un jeune couple sénégalais, Mory et Anta, quelque peu désaxé dans la société qui l’entoure et qui rêve d’émigrer à Paris. En moto ou en voiture, Mory et Anta vadrouillent ou fuguent dans Dakar, commettant des larcins dans l’espoir de réunir l’argent qui leur permettrait de partir. Mais Paris n’est qu’un prétexte et un leurre, car pas plus que Dakar celle-ci pourrait offrir un havre de paix à leur désillusion.
A l’époque de sa sortie, dans les années ’70, "Touki Bouki" apparut tel un ovni (et, quelque part, l’était et le reste). On évoquait des films comme "Pierrot le Fou" ou "Easy Rider" pour annoncer cette oeuvre bizarre et excentrique qui ne ressemblait à aucune autre dans le panorama du cinéma africain. Vous y verrez un film "nouvelle vague version africaine", si, impérativement, vous voudrez l’étiquetter ; ce qui est sûr c’est que "Touki Bouki" s’inscrit dans une tradition narrative orale qui est bel et bien africaine.

+ Jaune Minimum

Christophe Terlinden, 2001, video, , 4'

1995, horloge de la gare du Quartier Léopold. Départ - arrivée, restauration, temps. Centralité de la couleur. Point - surface - lumière. Jaune. Filmé par Christian Troberg - super8.

07.09 > 22:00


Terry Gilliam, 1985, 35mm, vo st fr, 142'

Dans un monde futur, Sam Lowry est fonctionnaire au département informatique, efficace mais sans entrain. Pour lui, la vie est fade, ses rêves sont le seul endroit où il est heureux. Il y rencontre une jeune femme qu’il aime. Cet amour vécu dans le sommeil le fait régulièrement arriver en retard à son travail. Tyrannisé par sa mère trop moderne, Sam, ne sait où se réfugier. Un jour, au travail, un cafard provoque un bug dans le système et l’ordinateur se trompe : un mauvais nom (Buttle au lieu de Tuttle) est renseigné aux brigades d’arrestation. Un père de famille innocent est ainsi arrêté. Sam est envoyé pour enquêter sur cette erreur, et rencontre alors la jeune fille de ses rêves. C’est alors que les ennuis s’aggraventŠ
Terry Gilliam trace un portrait satyrique de la société actuelle. Bien que la fiction se situe dans une société totalement future, on ne peut éviter les comparaisons et rapprochement. "Brazil" raconte la chute du héros rêveur et inoffensif, incompris du systéme hiérarchique, informatisé, sur-rentabilisé et sécurisé. L’esthétique du film est terrible : Gilliam parvient à rendre probable un monde oniriqueŠ

Bruxelles Requiem

Bruxelles Requiem est un documentaire sur la vie, quasi éteinte, du Quartier Léopold. Ceux qui se rendent rue Godecharle, Wiertz , Trier,Š y trouvent des bureaux européens dans un quartier joli et vivant. "Rien de mal" Š cependant, dix ans plus tôt, des artistes, des artisans,Š habitaient là. Forcés de quitter leurs ateliers démolis en faveur de constructions futuresques. Nous montrons des fragments de cet hommage poétique qu’André Dartevelle a dédié aux habitants qui luttent pour ce que doit être leur quartier.

08.09 > 22:00


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