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NOCTURNO EROTICO

Né en 1932 à Kwilcz en Pologne, Walerian Borowczyk a toujours été indifférent à l’idée de réussite, préférant même s’imposer des limites de distribution pour une plus grande liberté d’expression. Il réalise d’abord des courts-métrages d’animation, glanant des prix prestigieux, mais toujours en marge de son époque par ses recherches audacieuses. Il s’établit à Paris en 1958, et à la fin des années 60 passe à la fiction, pour finir la décennie suivante par se "spécialiser" dans l’érotisme, terrain de prédilection pour l’imagination qu’il lui procure ainsi que cette marginalité synonyme de liberté. Peintre, dessinateur, décorateur, amateur d’objets et érotologue dans l’âme, Boro ­ pour les intimes ­ a été souvent controversé, mais a toujours gardé cette cohérence propre aux véritables artistes, jamais pédants pour un sou.



` Premier film érotique de Borowcyk, son "manifeste contre l’indécence de la censure", ces Contes Immoraux sont une sorte de livret subversif sur l’amour à travers les siècles. Le premier, "La Marée" (d’après Mandiargues) nous conte l’éducation buccale de Julie sur les mystères des marées par son cousin André (joué par le débutant Fabrice Luchini !) ; le second, "Thérèse philosophe" (basé sur un fait divers du XIX siècle), l’onanisme mystico-charnel d’une jeune fille bourgeoise ; le troisième, "Ezsébet Bathory", une évocation de la fin de la sanglante comtesse hongroise en 1610 ; et enfin, "Lucrezia Borgia" et ses relations incestueuses d’avec son frère, le cardinal César Borgia, et son père, le pape Alexandre VI. Ce qui frappe d’abord dans ce film, c’est les différences de ton employés, allant d’une splendeur extatique à une caricature burlesque, mais toujours avec ce goût du cérémonial et du sarcasme, sans nuire en rien à un hymne à la beauté du sexe féminin. En effet, le cinéma de Boro tient beaucoup par ces instants privilégiés où la caméra libertine devient un véritable pinceau dont le détail sensuel n’a plus de secret.

13.04 > 24:00 + 20.04 > 24:00


Walerian Borowczyk, 1975, 35mm, vo , 102'

A la base, il n’existait qu’un court-métrage de "La Bête" devant s’insérer dans les "Contes Immoraux" mais écarté pour garantir la sortie du film. En effet, bien que son premier film érotique en ait choqué plus d’un, Borowczyk va ici plus loin dans sa fantasmagorie, la zoophilie y étant frontalement abordée non sans une pointe d’ironie appuyée. Démarrant par une saillie spectaculaire d’un étalon et d’une jument, le film commence très fort, et continuera à nous étonner par son développement mystérieux, agrémenté de disgressions fort vaudevillesques. Cela se passe dans un château où le fils d’un noble français ruiné doit se marier avec une jeune héritière, une américaine. Alors que les parents discutent intérêt, et que le fils inquiet et inquiétant se replie sur lui-même, la jeune fille ira de découverte en découverte, impressionnée par le climat licencieux des lieux. On ne vous en dit pas plus, excepté qu’elle rêvera par intermittance d’une certaine marquise... rêve qui ne manquera pas de frapper les imaginations et les désirs les plus refoulés ! Un film à la fois choquant, drôle et subtil, jouant encore sur ces détails et objets chers à Boro, et où la poésie de certains plans vaut bien celle d’une rose...

27.04 > 24:00 + 04.05 > 24:00


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